
Point de rencontre entre différentes cultures et important carrefour commercial, Harar s'entoura, au 16ème siècle, d'un rempart de pierre d'une hauteur de quatre mètres pour se protéger des raids incessants des peuplades voisines .
Peu après, les portes naguère fermées laissèrent passer une foule d'Européens, attirés avant tout par le commerce.Parmi eux se trouvait Alfred Bardey, négociant Français établi à Aden (Yémen), qui publia plusieurs ouvrages détaillés sur l'architecture, le commerce, les traditions, la population et l'histoire de Harar.

D'ou provient la population distincte de Harar ? Quelle est son origine ? Dans leur langue, Harar s'appelle simplement ge "la ville". Les ge usu ou "gens de la ville" parlent une langue sémitique.

Le vide créé par l'exode des Egyptiens et le climat général d'insécurité qui prévalait alors encouragèrent Ménélik II à s'emparer de cette importante métropole commerciale dans le cadre de sa campagne d'expansion territoriale et d'unification politique.
Ménélik II entra en vainqueur dans la ville en Janvier 1887. Pour la première fois, la cité Musulmane était rattaché à l'empire Chrétien. Ménélik nomma son cousin Balambaras, le père d'Haile Sélassié, qui prit ensuite le titre de Ras Makonnen Welda-Mikael, gouverneur de la nouvelle province Ethiopienne.
L'économie locale connut un bel essor et de nombreux travaux publics virent le jour. La fin de l'émirat fut symbolisée par la destruction de la principale mosquée de la ville et par l'érection, à sa place d'une grande église Chrétienne, la Medhane Alem construite d'après les plans d'un architecte Italien, Luigi Robecchi-Bricchetti.En 1906, une école et une succursale de la Banque d'Abyssinie virent le jour. La poste, le télégraphe et le téléphone furent installés à Harar, grâce à la requête de Ménélique II auprès des ingénieurs du chemin de fer, sans quoi le souverain menaçait de couper la ville du reste du monde.
La réputation de Harar comme ville sainte, patrie de saints et centre d'enseignement Islamique suscite encore une grande admiration et un grand respect parmi les Musulmans. Harar abrite 99 mosquées et plus de 300 sanctuaires consacrés à des saints Musulmans. La mosquée Jami, la plus ancienne a 900 ans, malgré son apparence faussement moderne, due à une restauration du 19ème siècle.
La cité ancienne d'Harar est congestionnée, ce qui rend difficile le développement d'infrastructures modernes comme les canalisations et l'accès aux véhicules. Traditionnellement alors que les Portes de la ville étaient fermées, l'écoulement des eaux se faisaient par des trous percés à travers le mur d'enceinte.
Ces trous étaient assez étroits pour interdire le passage à tout intrus, à l'exception des hyènes, d’où le nom de Waraba Nabule ou "Trous de hyène" qui leur a été donné. Plutôt que de constituer une présence menaçante, les hyènes étaient bienvenue.
De nombreux témoignages rapportent comment les hyènes constituaient à Harar un système d'assainissement efficace. Les détritus abandonnés au-dehors pendant la nuit étaient "ramassés" avant l'aube.
L'une des attractions les plus spectaculaire de Harar est le "Repas" servi chaque soir aux hyènes qui foisonnent dans les environs de la ville. A la nuit tombée, un homme issu d'une lignée traditionnelle dévolue a cet exercice lance un appel.
Bientôt les cris caractéristiques de ces redoutables carnassiers se font entendre et des yeux luisants apparaissent dans la pénombre que l'on sent grouiller d'une véritable meute.
Ce spectacle, certe intimidant permet d'apprécier la puissance impressionnante de la mâchoire de ces prédateurs pouvant peser 80 kg. Plus qu'une simple attraction touristique, ce cérémonial se confond avec l'histoire même de la ville.
Une légende rapporte que lors d'une famine particulièrement tenace affligeant hommes et bêtes, les habitants d'Harar redoutèrent de devenir la proie des hyènes que la faim poussait jusqu'au cœur de la ville. Pour rétablir l'harmonie, un homme inspiré de Dieu entreprit de nourrir les hyènes pour les maintenir hors de la cité. Depuis lors, ce pacte de bon voisinage n'a cessé d'être renouvelé.
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